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Luminothérapie en psychiatrie : troubles du sommeil et de l’humeur

Le Pr Jean-Marc Triffaux est psychiatre et professeur en psychologie médicale à l’Université de Liège. Il exerce au CHU de Liège, notamment en hôpital de jour en psychiatrie. Ses travaux de recherche portent sur la santé mentale, la relation thérapeutique et les dimensions psychologiques des maladies, avec de nombreuses publications scientifiques à son actif.

La luminothérapie est un traitement innovant utilisé en psychiatrie pour traiter les troubles du sommeil et de l’humeur. Cette approche met en avant l’importance de l’exposition à la lumière, notamment durant les périodes hivernales où la luminosité naturelle est réduite. Le Pr Jean-Marc Triffaux explique comment ce traitement est intégré dans les pratiques cliniques modernes.

En psychiatrie, la luminothérapie ne se limite pas uniquement aux troubles affectifs saisonniers. Elle s’étend à la régulation générale du cycle veille/sommeil chez les patients souffrant de troubles dépressifs et anxieux. Ses bienfaits sont soutenus par de nombreuses recherches, faisant de la lumière un outil précieux pour améliorer la santé mentale.

Le Pr Jean-Marc Triffaux discute de l’évolution de la luminothérapie dans le traitement des divers troubles psychiatriques. Initialement considéré pour les troubles affectifs saisonniers, ce traitement a montré des résultats positifs sur la qualité du sommeil. Il est désormais utilisé pour resynchroniser le cycle veille/sommeil des personnes souffrant de décalages horaires ou de lieux de travail mal éclairés. Grâce aux innovations, les outils de luminothérapie sont devenus plus confortables, permettant une intégration plus facile dans la vie quotidienne des patients.

Résumé et points clés de l’intervention

• La luminothérapie améliore la qualité du sommeil.
• Innovations technologiques rendant le traitement plus confortable.
• Utilisation au-delà des troubles affectifs saisonniers.
• Intégration dans les routines matinales pour de meilleurs résultats.

Quels sont les bienfaits supplémentaires de la luminothérapie en dehors des troubles affectifs saisonniers ?

Interview du Docteur Jean-Marc Triffaux Applications de la luminothérapie en général Je suis le Docteur Jean-Marc Triffaux. Je suis chargé de cours adjoint dans le service de psychiatrie de l’Université de Liège. Je travaille essentiellement dans mon activité clinique en hôpital de jour. Dans cet hôpital de jour universitaire, nous accueillons une pathologie extrêmement variée. Je suis également un praticien qui prend en charge des psychopathologies générales en pratique ambulatoire. Comment avez-vous découvert la luminothérapie ? La luminothérapie est un traitement auquel je m’intéresse depuis très longtemps, dans la mesure où depuis une quinzaine d’années, toute une série de patients arrive en consultation mal en point, en période hivernale. Et si l’on sait que l’effet bénéfique de la lumière existe depuis l’antiquité, on a pu, grâce au dynamisme qui existe dans le service de neurologie de l’Université de Liège, utiliser des traitements qui permettent de soigner des patients par la lumière. Alors de manière vraiment surprenante, on a pu voir que les traitements, lorsqu’ils étaient appliqués régulièrement, permettaient à toute une série de patients de retrouver un état beaucoup plus satisfaisant dans la période hivernale. Mais même au-delà de ces indications classiques, on a constaté qu’on améliorait fortement la qualité de sommeil de ces patients. Or vous savez, le sommeil, c’est certainement un des aspects les plus importants que nous ayons dans notre existence et pour pouvoir profiter de sa journée, vraiment, il est indispensable d’avoir une très bonne qualité de sommeil. Quelle est la place de la luminothérapie en psychiatrie ? Les traitements de luminothérapie, moi je les ai suivis depuis une quinzaine d’années en fonction des recherches qui ont évolué dans le domaine, mais surtout en fonction des appareils disponibles pour proposer des traitements à nos patients. Il faut bien reconnaître que les premiers traitements que nous pouvions utiliser étaient des appareils notamment à casque qui étaient assez lourds, encombrants et éblouissants puisqu’on utilisait à l’époque la fameuse dose de 10 000 lux pendant une demi-heure. Malheureusement les patients qui utilisaient ce type de casque ou bien même des écrans qu’ils devaient mettre devant une table abandonnaient progressivement ce type de traitement parce qu’ils ne s’octroyaient pas leur demi-heure matinale avant d’aller travailler. On est quand même dans le siècle de la vitesse. Et pourtant, ceux qui arrivaient à vraiment se consacrer une demi-heure tous les matins, à appliquer ce traitement par photothérapie, en tiraient vraiment de très grands bénéfices. Alors, on a un peu vu l’évolution de différents appareils à photothérapie sur le marché et il faut reconnaître qu’à l’heure actuelle, on a trouvé des traitements beaucoup plus confortables pour les patients qui permettent de réaliser une séance de luminothérapie tout en faisant une autre activité le matin. Quand ils viennent me voir, je leur dis qu’ils peuvent réaliser leur traitement par photothérapie au déjeuner quand l’indication est matinale. Je leur déconseille bien entendu de prendre une douche en même temps que leur appareil à photothérapie puisqu’il y a quand même une batterie ou en tous cas une pile dans leurs lunettes. Mais sinon, c’est un traitement qui est devenu maintenant extrêmement confortable, absolument sans douleur et sans aucun effet secondaire. Avez-vous utilisé la luminothérapie et dans quel cadre ? Dans le cadre des postes de travail, on est parti du siècle des lumières à une situation où l’être humain retourne au temps des cavernes. Et bien sûr, ce qui est marrant, c’est que maintenant les cavernes sont éclairées. Éclairées par quoi ? De la lumière électrique. Alors moi personnellement j’ai la chance d’avoir un bureau avec trois fenêtres. Mais il y a énormément de personnes qui, toute la journée, vivent à l’intérieur, ne voient pas du tout la lumière naturelle et donc sont sous l’emprise d’une lumière artificielle. Et cette situation concerne les personnes qui travaillent à pause unique. Si maintenant nous avons affaire à des travailleurs qui font les trois pauses (travail en horaires décalés), c’est une véritable catastrophe pour leur cycle veille/sommeil. Effectivement, ces personnes-là sont prédisposées à avoir un effet très négatif sur leurs fonctions élémentaires du sommeil. Les traitements qu’on pourrait leur proposer pour les resynchroniser sont, pour nous, extrêmement intéressants. Car si tous ceux qui travaillent à pause unique ou en horaires décalés pouvaient se resynchroniser pour pouvoir garder une horloge biologique interne qui fonctionne correctement, ils seraient en meilleure santé, psychologique et physique évidemment. Que pensez-vous de la luminothérapie au travail ? Les ambiances lumineuses en milieu de travail sont intéressantes. Mais le problème, c’est de savoir avec quelle densité de lumière on va travailler. Un bureau correctement éclairé bénéficie d’une intensité lumineuse de l’ordre de 350/400 lux. Cela n’a rien à voir avec la lumière naturelle. Moi, j’aimerais autant proposer aux travailleurs de pouvoir aller se balader une heure tous les jours avant de commencer leur journée de travail. Maintenant, les autres dispositifs que l’on voit apparaître notamment dans les pays nordiques, des écrans de photothérapie intégrés dans les ordinateurs, sont certainement une avancée intéressante pour toutes ces personnes qui sont confrontées à un manque de lumière épouvantable. Quelle est la place de la luminothérapie en psychiatrie générale ? En psychiatrie générale, on n’a pas que des troubles affectifs saisonniers à prendre en charge évidemment. S’il y a 5 à 15 % de troubles affectifs saisonniers où là typiquement on voit une pathologie qui répond extrêmement bien à la photothérapie, nous sommes confrontés à 20 % de patients qui ont des troubles du sommeil. C’est énorme ! La comorbidité avec des troubles dépressifs quelle qu’en soit la nature et les troubles anxieux font que ces personnes ont finalement des difficultés d’endormissement et des troubles de l’humeur qui ne sont pas toujours bien traités par des traitements pharmacologiques. Alors la psychothérapie est aussi une arme thérapeutique que nous utilisons en permanence. Mais si on voit que l’on met plusieurs chances thérapeutiques du côté du patient, on obtiendra des résultats beaucoup plus satisfaisants. Et comme je vous le disais, la fonction du sommeil est tellement primordiale, capitale pour pouvoir affronter la réalité de tous les jours. Alors si l’on peut, en même temps qu’une approche pharmacologique et psychothérapeutique, leur apporter une resynchronisation de leur cycle veille/sommeil, on a un bonus thérapeutique supplémentaire dans leur traitement. On quitte donc l’indication classique du trouble affectif saisonnier pour aller vraiment beaucoup plus loin dans le champ de la psychopathologie en général. Quels sont les résultats obtenus ? Les patients qui ont trouvé un système qui leur permet de se traiter par photothérapie quotidiennement à domicile, voient déjà apparaître, après quelques jours, une régulation de leurs troubles du sommeil. Les patients bien répondants, parce que tout le monde ne répond pas aussi efficacement à la photothérapie que les patients bien répondeurs qui vont nous dire : « écoutez, docteur, si j’avais eu ce traitement plus tôt, je l’aurais utilisé ». Ils ne savent plus s’en passer après quelques jours ou semaines de traitement. Ils vont pouvoir l’utiliser pendant plusieurs mois et généralement, les patients, à qui j’ai proposé ce traitement, le font souvent en période automnale jusqu’au mois de mars. Et puis, ils le laissent de côté et le reprennent à d’autres moments s’ils en ont besoin, même pendant les périodes où il y aurait une clarté suffisante car ils vont avoir une désynchronisation de leur sommeil qui va apparaître pour différentes causes. Ces causes peuvent être liées soit au manque de lumière à leur travail soit à des soucis qui vont perturber leur phase d’endormissement. Dans ce cas, il sera bon de temps en temps, même en période de clarté suffisante, de resynchroniser leur sommeil grâce à ce traitement. Conclusions Mes conclusions par rapport à la photothérapie : je trouve que ce traitement est extraordinaire. Il s’ajoute à des tas d’autres approches thérapeutiques. Mais c’est un traitement naturel qui respecte le fonctionnement physiologique de l’individu. De nos jours, nous sommes en train de revivre en milieux clos et nous n’avons plus le temps de profiter de la lumière naturelle. Alors, heureusement que la science a réinventé la lumière afin que l’on puisse en profiter à domicile grâce au traitement par photothérapie.

Intégration de la luminothérapie en psychiatrie générale

La luminothérapie est largement utilisée pour améliorer le bien-être mental au-delà des troubles affectifs saisonniers. En psychiatrie générale, elle aide à améliorer la qualité du sommeil et l’humeur des patients, notamment ceux souffrant de troubles dépressifs et anxieux. Cette technique non invasive et sans effets secondaires vient en complément des traitements pharmacologiques et psychothérapeutiques traditionnels.

Contenu synthétisé par Erwan Jean-Baptiste, expert Solvital, d’après les interventions de Pr Jean-Marc Triffaux.

La luminothérapie fonctionne en régulant le cycle veille/sommeil, souvent perturbé par un manque de lumière naturelle. Elle aide à resynchroniser l’horloge biologique interne des patients.

Oui, la luminothérapie est particulièrement utile pour les travailleurs de nuit en aidant à rétablir leur rythme circadien, souvent perturbé par des horaires décalés.

Absolument, la luminothérapie peut être combinée avec des traitements pharmacologiques et psychothérapeutiques pour maximiser les résultats thérapeutiques.

Elle est principalement utilisée pendant les périodes de faible luminosité, mais peut être employée toute l’année selon les besoins spécifiques des patients pour maintenir un bon rythme veille/sommeil.

La luminothérapie est généralement sans effets secondaires, ce qui en fait une option sûre pour la plupart des patients.

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